L’itinérance à VTT, évolutions et tendances (retour sur le workshop du VéloVert Festival)

Nous avons participé au workshop qui a eu lieu le Vendredi 2 Juin 2017, lors de l’ouverture de l’édition annuelle du VéloVert Festival. Ce fut l’occasion de parler et débattre sur l’itinérance en général, puis précisément en VTT. Nous remercions tous les intervenants* de cette conférence pour la qualité des échanges et l’organisation. Vous trouverez donc un résumé synthétique exposant les grandes idées de la conférences et les chiffres importants du marché.

Le VTT en itinérance : marché et exemple des grandes traversées

Définition de l’itinérance : 2 nuits consécutives dans 2 endroits différents, en étant mobile sur un itinéraire, quel que soit le mode de déplacement, et permettant de vivre des expériences porteuses de sens et de valeur (à différencier de la « clientèle de passage »).

Le marché : il est en plein boom, comme le prouve l’intérêt grandissant des acteurs du voyage, des médias et des opérateurs onlines. Il est évalué à plusieurs milliards d’euros et devient donc une source d’investissement massifs pour les outils de commercialisation online, mais il est aussi au centre des politiques régionales.

Les 5 valeurs ajoutées de l’itinérance : (tirées d’une étude menée sur les 5 dernières années)

  1. Une saison estivale plus longue :
    • 50% de la fréquentation se fait sur les ailes de la saison (= avant et après),
    • Des séjours qui ne se substituent pas aux vacances estivales,
    • Pic de fréquentation en Mai.
  2. Les hébergements marchands sont les grands gagnants :
    • 99% des cyclistes de la Route des Grandes Alpes ont recours à l’hébergement marchand,
    • La clientèle est beaucoup plus exigeante en termes de niveau de service.
  3. L’itinérance alpine est le levier d’une économie touristique durable :
    • Par son maillage, elle constitue une destination à part entière,
    • Taille moyenne des groupes : 4 personnes,
    • Elle conforte la nécessité d’une vraie solidarité entre les différents acteurs pour irriguer l’identité économique, sociale et culturelle des Alpes.
  4. L’itinérance alpine est au cœur du choix de destination :
    • Par leur caractère légendaire, les itinéraires constituent un objectif en soi,
    • 95% des cyclistes de la Route des Grandes Alpes réalisent l’itinéraire en totalité (soit une moyenne de 7 jours).
  5. Les itinérants dépensent plus que les séjournants :
    • Des dépenses supérieures de 15 à 20%,
    • Garantie de fortes retombées économiques pour l’ensemble de la filière.

L’itinérance vue par les pros :

« Des gens calmes, simples, ayant une bonne mentalité, et qui consomment ! »
Gîte des Carlines, Vassieux en Vercors

« Certains opérateurs réalisent une part très importante de leur chiffre d’affaires estival grâce au passage des itinérants »
Syndicat des commerçants de Valberg

« Ils recherchent un certain bien-être physique et moral, voire simplement de la découverte. Beaucoup le font sur plusieurs années, seuls ou en groupes ».
Gérant du refuge de Moëde Anterne


Quelques chiffres

(sources : Fédération Française de Cyclisme & Pôle ressources national des sports de nature) 

La pratique du cycle :

  • 119000 licenciés en 2016 :
    • 59% route / 22% VTT / 18% BMX,
    • Pratique féminine : environ 10% seulement.
  • 7,4 millions de Français pratiquent le VTT de loisirs,
  • 17 millions de personnes font du vélo régulièrement,
  • 90% pratiquent hors de tout cadre fédéral ou structure privée (club, association, institutions…)
  • Ventes :
    • 3,5 millions de cycles vendus chaque année,
    • Environ 1 vélo sur 2 est un VTT jeune et adulte.
  • L’itinérance, un réseau de sites labellisés :
    • 188 sites en 2017,
    • Pour 66000 km de sentiers balisés.

Focus sur les chiffres du VTT :

  • 1,4 millions de VTT vendus (2015), dont 8900 VTT à assistance électrique (VTTAE),
  • 7,4 millions de pratiquants (contre 8,8 M pour le vélo de courses et loisirs, et 1 M pour le BMX),
    • 1,7M de pratiquants occasionnels (0 à 12 sorties / an)
    • 5,6M de pratiquants réguliers (13 à 104 sorties / an), dont 1M de pratiquants « hardcore » (+ de 104 sorties / an)
  • Sexe :
    • 72% de pratiquants (5,3M),
    • 28% de pratiquantes (2,1M).
  • Top 3 des principales motivations :
    • Détente,
    • Contact avec la nature et paysages,
    • Santé.
  • Attrait touristique indéniable pour le VTT :
    • 2,5 millions de personnes ont recours à la location de VTT,
    • 2,4 millions font de l’itinérance à VTT.

Les services liés à l’itinérance à vélo

Intérêts et enjeux :

  • Un service :
    • Un investissement qui s’inscrit dans la durée
    • Un investissement ayant un retour direct
    • Une reconnaissance directe / client

Un service réussi = une communication efficiente pour l’ensemble du produit

  • Enjeux :
    • Amélioration de l’expérience client,
    • Amélioration de l’accessibilité à la pratique du néo pratiquant pour élargir la cible de clientèle,
    • Fidélisation des pratiquants.

Les types de services rencontrés par un itinérants :

  1. Les services fournis par l’opérateur (Mise à disposition des informations, aménagements, outils mis à disposition),
  2. Les services fournis par les prestataires référencés (charte cycliste),
  3. Les services non-référencés (service qui ne présente pas ou peu de spécificité à une pratique).

TOP 3 des services souhaités pour les pratiquants de VTT :

  1. WIFI
  2. Informations locales
  3. Paniers pique-nique

Une liste non-exhaustive des étapes de l’expérience client d’un itinérant, où l’amélioration des services est concernée :

  • Préparation du séjour,
  • Le déplacement jusqu’au point de départ,
  • Les outils d’orientation,
  • Les lieux d’hébergement,
  • Les « bienvenus » (= station de lavage, point d’eau, toilette, borne de recharge…),
  • La nourriture,
  • Le transport de bagages.

Pour conclure, l’itinérance permet donc une complémentarité des saisons hivernales et estivales, mais aussi des différents usages. Elle met en exergue le besoin de solidarité des territoires et des acteurs du tourisme.

Le marché est en plein boom, tant au niveau du nombre de ventes et de pratiquants, qu’au niveau de sa reconnaissance. Mais il existe encore des marges de progression sur différents points :

  • La sécurité des pratiquants (dans l’aménagement, mais aussi dans la sensibilisation des automobilistes,
  • La répartition des sentiers en France (forte densité dans le sud-est),
  • Le rééquilibrage homme / femme,
  • Le rééquilibrage du nombre de familles pratiquantes,
  • L’amélioration de tous les services annexes (et notamment digitaux).

* GTA – Move your alps, Fédération Française de Cyclisme, IPAMAC, Pôle Ressource Sport Nature, Histoire Bike et Sylvie Banoun (coordinatrice interministérielle pour le développement de l’usage du vélo).

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